93 rue Henri Barbusse : 4 mois de galère et de solidarités

Déjà quatre mois de précarité logement pour les locataires sinistrés du 93 rue Henri-Barbusse. Quatre mois de galère et de solidarité.

Quatre mois de galère pour les locataires, avec des situations diverses pour les familles, les individuels, les précaires plus ou moins hébergés (certains pas du tout), ceux qui ont des réseaux d’entraide. A titre d’exemple, imaginez une mère avec ses enfants scolarisés à Clichy, hébergée par le 115 dans un « hôtel » de Rueil. Il y a pire, dites-vous. Mais dans cet hôtel, interdiction de faire la cuisine. Pas d’emploi, donc pas de ressource. Et les tracasseries administratives, les démarches, les dossiers, la menace de se retrouver à nouveau sans toit… Quatre mois.

Petit rappel. L’évacuation a eu lieu le 27 octobre. Mais l’alerte a été donnée bien avant sans que les pouvoirs publics n’agissent vraiment pour trouver une solution. Refus de dialogue de la part de la Mairie, pas d’action ferme contre le propriétaire esclavagiste, Préfecture aux abonnés absents. Pourtant des Clichoises et Clichois se mobilisent pour attirer l’attention des pouvoirs publics. Dès le 13 octobre, alertés par les enseignants et les parents d’élèves un rassemblement avait lieu (photo publié sur le blog de la CSF). Qu’on fait les pouvoirs publics entre le 13 et le 27 octobre ? Quelles dispositions ont-elles été prise ?

Rassemblement du 13 octobre devant une entrée du Centre administratif où une délégation était reçue

Encore la situation était-elle connue de la Mairie depuis… deux ans. A-t-elle laissé pourrir délibérément la situation ?

La solidarité s’organise

Une poignée de parents d’élèves et d’enseignants des écoles où les enfants sont scolarisés s’emploient dès le 27 octobre à trouver des solutions. Ils rassemblent très vite un large collectif d’associations et de profs, de parents d’élèves notamment. Devant cette mobilisation, la Mairie et la Préfecture, la ministre du logement Mme Wargon, multiplient les vagues promesses, disant une chose en public, une autre officieusement selon l’interlocuteur. Certains croient aux bonnes paroles, tandis que l’immeuble est rendu inaccessible avec les affaires des locataires dedans. A aucun moment l’urgence n’a été prise en compte par les pouvoirs publics, alors que le froid s’installe, que l’épidémie de COVID flambe, que certaines familles sont ballotées d’hôtel miteux en hôtel provisoire parfois à des kilomètres, alors que les enfants sont scolarisés à Clichy.

La situation devient vite difficile aussi pour les bénévoles alors qu’il n’est pas facile de multiplier les actions en pleine crise sanitaire. Pire, pour se débarrasser des locataires des rumeurs sont répandues : ce sont des squatteurs, des délinquants, des « clandestins ». Clandestines vraiment des familles dont les enfants sont scolarisés et qui ont des « papiers » en règle ? La Mairie s’acharne à essayer de démontrer que ce n’est pas son problème et renvoie au 115 sans prendre la dimension des ses obligations. Face à cette surdité le Collectif appelle à un rassemblement (photo).

Une foule nombreuse devant la Mairie

Présence sur le marché, distribution de tracts, communiqués – la presse commence à s’intéresser à l’affaire. Pas de solution ? Le Collectif de soutien recense des immeubles vides depuis des années à Clichy. La réquisition est prévue par la loi. Ni le Maire, ni le Préfet ne daigne répondre. Un nouveau rassemblement est organisé devant un immeuble vide, en face de la Maison du Peuple. Réquisition !

Réquisitionner en situation d’urgence est prévu par la loi mais pas appliqué

Quatre mois après les locataires et leur Collectif de soutien n’abdiquent pas. La cagnotte solidaire a permis de soutenir des actions en justice collectives et certaines individuelles pour faire valoir les droits légitimes. Une recours devant le Conseil d’Etat sur une décision administrative a été mise en route. Des abonnements Navigo ont pu être financés, la solidarité s’expriment par de multiples voies : vêtements, nourriture. Merci à tous et à toutes. Nous avons besoin de soutiens pour continuer. Rejoignez-nous.

Parmi les dernières nouvelles en date : le SNUipp de Clichy, syndicat des enseignants de Clichy a rejoint le Collectif. Une des personnes qui au moment de l’évacuation était en instance de régularisation a reçu ses papiers. Le processus est engagé pour son relogement, étant entendu qu’elle n’aurait dans dû dans sa situation être reléguée au 115 (qui de toute façon n’a pas les moyens de faire face à la catastrophe sociale). Une autre personne a pu être prise en charge par un cabinet d’avocats et a obtenu l’aide juridique pour ses démarches. Les problèmes d’emploi sont aussi à résoudre car être sans logis fixe n’arrange pas la situation des précaires.

Obtenir justice n’est pas une mince affaire

Fort heureusement la presse a fait un certain écho à cette affaire. Mentionnons le dernier épisode en date de TV5monde qui a choisi une série de courts reportages dont l’épisode 3 vient d’être mis en ligne (on peut retrouver les deux premiers en visionnant le site de TV5monde).

Contact : collectif93hb@gmail.com
Sur Twitter : @collectif93hb
Sur Instagram : collectif_93hb

Cagnotte solidaire : https://helloasso.com/…/confederation…/formulaires/2

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